29 août 2009
PROLONGEMENT DE VACANCES
Ah les couleurs du temps
Le ciel étale ses linges bleus
Le soleil éblouit nos yeux
L'arbitre siffle la mi-temps
Oh chaude pénombre
Contrée aux amours éphémères
Serments jetés en l'air
Promesses dans l'ombre
Fainéant l'astre du jour
Laisse ici sa chaleur
Bain de minuit sans pudeur
C'est la saison de l'amour
Impuissance des cœurs
Demain la pluie traversière
Effacera la lumière
D'un été qui se meurt
Ah les couleurs du temps
Souvenir de ta bouche
De ton corps qui se couche
Saveurs de l'instant
Oh belle peau de satin
Aux courbes de plaisir
Augmentant mon désir
Emporte nous vers demain

28 août 2009
Vacances de rêve...ou presque...
D’aucuns diront : « Il a disparu du paysage », et c’est vrai. D’autres susurreront « Il a pris du recul », c’est aussi exact. Enfin quelques esprits chagrins prétendront : « Ce n’est pas plus mal », ils auront certainement de bonnes raisons. Mon absence se résume t’elle à un blog s’obstinant à reproduire les mêmes images, les mêmes textes, aux fidèles et amis visiteurs. Que nenni. J’ai pris quelques vacances, lu quelques livres et réfléchis à la suite des évènements.
Mes pérégrinations m’ont transporté au hasard de la route, dans le bassin d’Arcachon, là où chaque année nos grosses têtes nous concoctent un beau principe de précaution pour éviter une hécatombe d’huîtres contaminées…à méditer, car à ce jour ceux qui ont bravé l’interdit sont encore vivants, attendant de pied ferme une grippe mexicaine pour le plus grand bonheur de l’industrie pharmaceutique. Elle est pas belle la vie !
Mais si qu’elle est belle la vie, entre deux apéros et quelques bouteilles de bon vin (enfin pas toujours). Dix squatters, plus un chien, avec un décalage horaire digne du passage de la côte est à celle de l’ouest des USA. Tout ça pour dire qu’au pays de la famille Bidochon, avec le taux de natalité le plus haut d’Europe, nous en étions les clones parfaits. Vives les vacances. Ah j’oubliais de vous dire que j’ai lu un excellent polar de Fred Vargas au titre prémonitoire : « Pars vite et reviens tard ».
Après une première semaine iodée, aux relents pas toujours marins, direction la montagne. A la sortie trente-six, un phénomène difficilement explicable se reproduit, probablement un réflexe de Pavlov, le premier effet « Kisscool », vous savez celui qui vous met toute la fraîcheur de la nature dans les papilles. Dix-sept kilomètres plus haut le deuxième effet fait monter mon adrénaline. Le village est en fête, une vogue comme on en fait plus, avec tout ce qui faisait le charme des kermesses du début du siècle dernier. Ah, le tir à la carabine, la brocante, la buvette à côté du cimetière. Les défunts doivent être heureux une fois par an, sauf que ceux qui osent franchir les grilles viennent seulement pour se délester de quelques chopes de bière pesant lourdement sur leur vessie. Enfin c’est mieux que la compagnie des feux follets les soirs de pleine lune. Tant attendu, le grand moment arrive, l’enclos, emboucané par le parfum suave de ses occupants, s’anime. C’est la pesée du bouc, pendant quelques instants chacun retient son souffle, sauf l’animal qui bêle au spectacle humiliant qu’on lui impose. Pensez-donc, se retrouver les pattes attachées, suspendu à une barre devant les chèvres apeurées. Il existe un collectif anti-corrida, le pauvre bouc voudrait bien le sien aussi, une croisade contre la pesée les quatre fers en l’air. Non, il suffirait de le prendre délicatement entre ses bras et de monter sur une balance, ensuite faire la différence avec le porteur. Trop moderne, et trop lourd le gugusse. Et puis, la balance romaine ça a du bon, chacun conteste l’équilibre de la barre.
J’ai deviné le poids du bouc, des années d’entrainement finissent par rendre mon œil expert. Sauf que neuf autres touristes ont eu la même idée que moi. Epuisé par l’exploit précédent, je me suis trompé de trois kilos, perdu le jambon de montagne, à l’année prochaine. Maintenant il va falloir se badigeonner à l’after chèvre pour se sentir mieux. Pas le temps de lire, sur les sommets la vie est trop trépidante. J’oubliais de vous dire que les services vétérinaires préconisent une enceinte confinée et stérile pour l’année prochaine. Tout fout le camp je vous dis…Vive l’Europe. Au fait j’ai dédicacé une douzaine de livres dans l’après-midi.
De retour au bercail avec trente-neuf de fièvre pendant deux jours, il faut consulter l’homme de l’art. Le médecin impuissant, face à un individu hors normes, avoue sa perplexité, analyses à l’appui. Ça vous décourage de faire des études, une telle absence de diagnostic. Je veux être déclaré malade moi ! Enfin quelque chose de nouveau, j’ai très mal aux crocs, mon arracheuse de dents est en vacances, c’est pas normal. Son collègue perce la dent pour soulager de la pression de l’abcès, par contre la jouissance sur le fauteuil n’était pas prévue. Pour couronner le tout, si j’ose dire, nous gardons nos deux rayons de soleils à la maison. C’est vivant deux petites filles de trois et cinq ans. Et papy qui est malade. J’ai commencé de lire un ouvrage de plus de mille pages, non ce n’est pas le Coran, ni la Bible, encore moins l’encyclopédie Universalis. Il s’agit des œuvres de Duong Thu Huong, voilà quelqu’un qui figure dans mon panthéon, lisez « Terre des oublis » et vous comprendrez ce que le mot littérature veut dire.
Nous sommes déjà en troisième semaine, j’ai décidé de faire une surprise à ma chère et tendre épouse. Et pour une surprise c’en est une. Location dans un hôtel au concept sympathique, chaque chambre est un chalet dans la nature, qualité trois étoiles of course. La chambre est magnifique, décoration moderne de très bon goût. Alors me direz-vous, où est la surprise ? Eh bien savez-vous qu’il y a l’autoroute à Aoste, le Chemin de fer à Aoste, une Zone industrielle à Aoste. Plantez au milieu de tout cela un hôtel avec des chalets, faites une pub sur Internet en prenant les meilleurs angles pour les photos. Ne cherchez pas plus loin, les pigeons sont là…Ils m’ont même expédié un questionnaire de satisfaction. Le culot n’a pas de frontières vous dis-je !
Le soir découverte d’un restaurant « Agriturismo », un petit bijou, quelque chose à vous réconcilier avec vos contemporains. Que des produits locaux servis avec passion. Pour l’anecdote le bled s’appelle « Nus », ça ne s’invente pas.
Bien entendu je ne vous dis pas tout, ce serait trop long et sûrement ennuyeux, déjà que suivre ces aventures n’est pas une sinécure. Ah un petit détail, j’ai gagné le premier prix à la tombola de la fête. Une tente, vous savez celle que l’on jette et qui se monte toute seule, sauf que pour la replier, il faut avoir fait l’ENA. Mon fils en a hérité, à lui les deux secondes de montage et les deux heures de lecture de la notice. Et la littérature au milieu de ces agapes ? Elle se nourrit, elle s’imbibe, elle digère pour mieux restituer quelques mots ou quelques lignes au détour d’un chemin… Maintenant il va falloir s’atteler aux projets qui me tiennent à cœur. Quelques ouvrages en attente, un salon à préparer, d’autres à visiter, un ouvrage à proposer pour une adaptation, etc…
J’aurai pu disserter sur certaines de mes amies et leurs soucis existentiels, leur quête de l’homme idéal, le mâle, l’amant, le père, le frère, le confident, le mari fidèle. Non ce n’est pas moi, enfin pas tout ça à la fois…On peut rêver. Comme le chantait Brel, elles veulent atteindre « L’inaccessible étoile »…
Juste encore quelques mots pour vous souhaiter une bonne rentrée, et surtout lisez, lisez, lisez…

