04 juillet 2009
NEE UN 4 JUILLET
Petit message personnel à une amie...
Née un quatre juillet
Tu n’étais que quelques lignes
Quelques mots sur un clavier
Le mois pouvait être janvier
Tu tapais et alignais les signes
L’oiseau et le renard argenté
Tel aurait pu être le titre
Mais moi le vieux pitre
Par ton verbe fus enchanté
Qu’importe l’horloge du temps
Il me suffit de ton sourire
Beau miroir où se mirent
L’éclat de tes printemps
L’amitié ce bien précieux
Nous protège et nous arme
Tu brûles d’une flamme
Qui illumine tes yeux
Facétie du calendrier
C’est ton anniversaire
Pour toi ces humbles vers
Amie du quatre juillet
Ma besace cherche les mots
Mon cœur pioche au bonheur
Amour plaisir à toute heure
Plus qu’un vœu un cadeau
02 juillet 2009
MERCI POUR TOUT...
Depuis longtemps, dans sa campagne, il en rêvait. De la littérature et de ses secrets. Puis un jour, avant que la neige ne s’installe durablement dans sa chevelure, il s’était lancé. Naïf comme l’est un poète, au point d’écouter les flatteurs de tous poils, il croyait avoir mis au monde un chef d’œuvre. Il se lança à corps perdu dans l’aventure, avec tout son cœur et son énergie. Oh il avait payé le prix fort pour devenir un auteur publié. Dans l’euphorie du premier roman, il en publia un second, qu’il négocia à un cout plus raisonnable. Grisé par l’aventure, il écrivait beaucoup. Il toucha même mille euros de droits la première année. Espérant de plus beaux lendemains, il signa enfin un contrat à compte d’éditeur, c’était l’aboutissement de ses ambitions, il devenait un écrivain. Il allait conquérir le public. Il trouvait bien le comportement du responsable un peu bizarre, se disant que c’était la loi du genre. Puis le premier éditeur oublia de s’acquitter des droits d’auteur, il n’avait pas que ça à faire disait-t-il ! Un de ses amis, éditeur, voulait absolument publier son quatrième ouvrage, devant ce tapis rouge il céda. Entre temps la maison prétendument sérieuse lui proposa un contrat pour son cinquième roman. Elle claironna même qu’il s’agissait de son coup de cœur de l’année. Tout allait bien me direz-vous…oui sauf que ! À ce jour un arriéré d’environ mille-deux-cent euros subsiste pour les deux premiers livres. Face au comportement schizophrène de son interlocuteur, il a demandé à rompre les contrats avec la seconde boutique, qui a accepté pour le second et refusé pour le premier, sous prétexte qu’il restait deux-cents exemplaires en stock…Bien entendu les droits d’auteurs ne sont pas liquidés, oui. Et cerise sur le gâteau, cette maison ayant pignon sur rue a gommé comme par enchantement l’ouvrage de son catalogue…comprenne qui pourra ! À moins qu’il ne s’agisse d’une maintenance des différents sites Web ! Maintenance importante puisqu’elle dure depuis prés de deux mois !
Il aimait cette vie littéraire, c’était sa passion, mais que le milieu était dur. Je l’ai rencontré la semaine dernière, la neige n’était pas que dans sa chevelure, mais aussi dans son cœur. Il m’a raconté brièvement son dernier avatar d’écrivain. Il venait de recevoir une lettre de son ami qui lui payait ses droits d’auteur sur son quatrième roman et aussi lui signifiait la fin de son contrat d’édition…Ainsi va la vie au pays de Levy, Musso, Houellebecq, Nothomb et Gavalda…
Un matin, j’ai appris la nouvelle, il avait fait un grand tas dans sa maison, il avait rassemblé tous les livres, les siens et ceux des autres. Il s’était rendu à la Poste, avait acheté trois timbres. Je présume qu’il s’était rendu ensuite à la station service la plus proche. Je vous raconte ça, car la suite je la suppose. Profitant de l’absence de son épouse, il a arrosé les bouquins d’essence et s’est aspergé aussi.
Lorsque je l’ai vu, j’ai détourné la tête, de son corps calciné ses yeux semblaient intacts, l’artiste fixait les cieux. Je ne pouvais plus rien faire pour lui, il avait rejoins ses pairs au paradis des poètes. Pour un médecin, un tel aveu est terrible. J’ai reçu son épouse à mon cabinet, la pauvre femme m’a avoué ne pas avoir vu venir le vent. Elle m’a révélé qu’elle venait de recevoir une lettre d’une maison d’édition proposant à son époux un contrat pour un nouveau roman. Malgré le nom prestigieux de l’officine, elle s’était empressée de détruire cette correspondance.
J’ai appris par la suite la teneur et les destinataires des enveloppes où il avait collé les timbres. Chaque éditeur défaillant reçu la sienne. Un simple bristol avec trois mots : MERCI POUR TOUT…
29 juin 2009
Au pied des dunes...
Un petit texte pour un soir d'insomnie...
AU PIED DES DUNES
A la croisée des routes
Lorsque s’étend l’ombre
Les pensées sombres
Courbé l’homme doute
Depuis trop longtemps
D’amours de hasard
En filles aux yeux hagards
Il consomme le temps
Tanguent ses tristes nuits
Aux relents avinés
Leurs faces ravinées
Meublent son ennui
Les nuages se déchirent
D’un croissant de lune
S’éclairent les dunes
Parvient l’écho d’un rire
Elle rie à gorge déployée
Surprenant Pierrot fatigué
Un dernier cri pour le narguer
Silence au pays des noyées
Corps échoués main dans la main
Hagards ils se regardent vivants
Un frisson dans le vent
Leurs pas avancent vers demain
Timide le soleil éclaire la plage
La vague se meurt sur les galets
L’amour coquin a pris le relais
Ce matin s’ouvre une autre page

